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Ce billet a été associé avec "Bûche "Pistaches, nougat et chocolat"


           
Je ressors des 3h de projection (en comptant les pubs – affligeantes comme d’hab – et les bandes-annonces – Les Noces rebelles qui s’annonce bien et Le bal des actrices, euuuh ? –) plutôt mitigée. J’ai vu deux films, ou peut-être même 3 ? Ou quatre moitiés qui annonçaient pourtant quelque chose de bien ?

 L’amour du pays, la beauté des paysages, oui. A grand renfort d’effets visuels ? C’est un style certes, mais autant cela peut coller avec le clinquant du cancan de Moulin Rouge, autant cela peut sembler déplacé dans un hymne à la terre australienne et à ses habitants. Bon, cela peut être une manière de voir les choses, mais le mélange des genres, est-ce compatible avec le côté recherché d’un « grand cinéma épique pour toute la famille » ?

 Car le réalisateur parle de ça, du mélange « comédie, romance, drame » dans un seul film. Encore une fois, pourquoi pas ? A condition, pourtant que les contextes et les raccords permettent au spectateur de ne pas avoir l’impression d’avoir pris un ticket « trois en un » à l’entrée… Et que l’un des genres ne rend pas l’ensemble plus bancal qu’il ne l’est déjà (le côté comique de la toute première partie est heureusement relativement court à mon goût, avec ses accumulations de clichés et de quiproquos grotesques).

             On nous parle de romance, de drame. D’une (De) grande(s) histoire(s) d’amour. On s’attend à des personnages qui se croisent, vivent, se dévoilent et qui font vibrer…

 Mais entre les caricatures (un méchant tellement réduit à sa méchanceté qu’il arrive à en détourner toute antipathie), les traits forcés (Nicole Kidman en anglaise coincée qui en deux minutes devient aventurière, battante, libre et heureuse – tiens, ça me ferait presque penser à une Nicole Kidman frisée et plus jeune de 15 ans, en irlandaise coincée qui devient plumeuse de poulet et conquérante du Far West –), les personnages secondaires à peine esquissés qui disparaissent à grand renfort de morts violentes tellement prévisibles qu’elles en sont ridicules et inutiles, on perd le fil et on en oublie de s’attacher aux autres, qu’on aurait aimé mieux connaître sous leurs façades convenues, à l’enfant partagé entre deux mondes (je rejoins les critiques unanimes sur le jeune Brandon Walters), au cowboy brut, barbu et sans nom (quelle belle idée initiale mais finalement mal exploitée !), à la femme dont l’éducation et les principes n’ont plus de repères, au grand-père qui regarde changer son monde depuis le haut de sa falaise…

 Au final, il me reste un mélange de déception et d’émotion. En grande sentimentale, j’ai bien évidemment été émue mais j’aurais aimé vibrer et pleurer comme il faut devant une grande épopée bien ficelée, au lieu de ne retenir de ce film bibliothèque que des fragments de poésie et de grâce, piqués sur l’une ou l’autre des étagères.

J’aurais aimé ne pas avoir à regretter que l’élégance ou l’émotion d’une scène soit aussitôt contrebalancée par la lourdeur ou le ridicule non voulu de la suivante, que la beauté et la subtilité d’une idée n’arrive pas à faire oublier la banalité et la convention des autres...


Je me rappellerais :
- d’un baiser très lent, de toute beauté
- d’une scène d’un aborigène debout sous les bombes, qui aurait suffit à elle seule à évoquer la guerre avec finesse et émotion
- de l’esthétisme des costumes et des personnages
- du fil conducteur très symbolique du « Wizard of Oz »

J’oublierais :
- l’inaboutissement des histoires esquissées qui promettaient de belles choses
- l’aspect « publicité pour l’Australie » des paysages
- la pauvreté du scénario beaucoup trop elliptique malgré les 2h45 de film